Cibles privilégiées de la cybercriminalité, les TPE et PME peinent à se protéger efficacement contre les cyberattaques. Pourtant la souscription d’assurance cyber recule, alors que l’IA pilote désormais des attaques à grande échelle et automatisées. Aujourd’hui, la question n’est plus « si », mais « quand » votre entreprise sera menacée.
La cybercriminalité se professionnalise
Pendant longtemps, les TPE-PME se jugeaient trop petites pour intéresser les cybercriminels. Peu de données sensibles, un antivirus enfin mis à jour…
Pourtant, aujourd’hui, ces petites entreprises sont devenues des cibles privilégiées. Insuffisamment préparées, elles sont des souffre-douleurs plus faciles à escroquer que les grands groupes.
Avec l’aide de l’Intelligence artificielle (IA), n’importe quel apprenti criminel peut lancer des milliers d’attaques en très peu de temps. C’est le genre d’outil vulgarisé de manière irresponsable qui rend facile de trouver des failles de sécurité et de les exploiter.
On ne recherche pas forcément à faire de gros coups. Mais, en multipliant quelques milliers d’euros soutirés à chaque entrepreneur, on arrive à des fins des gains considérables.
D’autant que les petits patrons ont souvent autre chose à faire qu’à sécuriser leur connexion internet ou leur smartphone. Surtout en ces temps de communication débridée, entre le télétravail, le cloud et autres services en ligne, les entrepreneurs sont vite débordés.
C’est bien pour cela que le phishing ou hameçonnage reste le danger le plus redoutable pour un patron pressé. Un mail ou un Sms de sa banque ou d’une administration fait en général réagir immédiatement n’importe quel responsable. Pas le temps de se poser des questions !
Mais, avec les vols de données personnelles à répétition, chacun doit s’attendre à recevoir des messages piégés, semblant plus vrais que nature. Précisons qu’en 2026, 45 % des Français se sont vus notifier, suite à une violation de données personnelles.
On assiste aujourd’hui à une professionnalisation de la cybercriminalité. Les chefs de petites entreprises doivent donc transmettre à leur personnel une véritable culture de la vigilance de chaque instant.

Se cyber protéger, ce n’est pas si bête
Commencée depuis quelques jours, la 14ème édition du Cybermois veut convaincre les Français de la nécessité d’adopter de bonnes pratiques en matière de numérique.
L’organisateur, Cybermalveillance.gouv.fr, s’appuie sur une campagne de sensibilisation dont le slogan est « Se cyber protéger, ce n’est pas si bête ».
L’extension rapide des cyberattaques provoque un besoin important d’informations et d’accompagnement. Et, on constate aussi, dans de nombreuses entreprises, une montée du stress et une hausse des arrêts maladie.
Pourtant, quelques réflexes simples aident grandement à éviter le pire. Inutile d’attendre un incident pour s’y mettre. De toute façon, pour de nombreux assureurs, c’est désormais la condition sine qua non pour être assuré. Parmi les gestes à adopter dans le cadre d’une gestion proactive des risques potentiels :
L’authentification à double facteurs pour tous, dirigeants compris. Cela concerne la messagerie, les outils de gestion comme un ERP ou un CRM… Et les accès distants type VPN ou cloud…
Organiser des sauvegardes robustes permet de réduire les conséquences d’une attaque. Règle 3,2,1 : 3 copies de données, sur 2 supports différents, dont un hors site. Tester régulièrement la restauration des sauvegardes ;
Mettre à jour systèmes et logiciels, si possible automatiquement. Et prioriser les applications critiques à vérifier régulièrement ;
Former tout le personnel à l’hameçonnage : chacun doit avoir le réflexe de regarder et réfléchir, avant de cliquer. Sessions courtes de formation et simulations internes ;
Mettre en place un plan de reprise d’activité incluant les secteurs vitaux. Définir les modalités de reprise d’activité. Lister les étapes à suivre pour le personnel.
Lire aussi notre article « Cyberassurance et protection des données ».
Du concret pour rester assuré
Depuis plusieurs années, la fédération France Assureurs place les cyberattaques en tête des menaces les plus importantes.
En mettant l’IA dans n’importe quelles mains et sans précaution, on ouvre ainsi la porte à une explosion massive des taux de sinistralité. Les conséquences, on les connaît : l’augmentation des primes d’assurance, basées sur l’analyse des risques couverts.
Aujourd’hui, face à l’augmentation importante des demandes d’indemnisation, les assureurs réclament de leurs clients de démontrer leur résilience opérationnelle. Les déclarations de bonnes intentions ne suffisent plus.
Pour garder à un niveau supportable le montant des cotisations, les entreprises vont devoir développer de nouveaux réflexes au quotidien et former leur personnel.
C’est notamment le cas de cette mauvaise habitude de questionner un service d’IA à tout bout de champ. C’est un cadeau aux cybercriminels qui peuvent ainsi facilement identifier des portes d’entrée souvent mal sécurisées.
Rappelons que ce recours à des services d’IA non approuvés, dénommé Shadow AI, arrive en tête des gestes numériques les plus risqués.
Paradoxe de cette évolution du risque cyber, un récent rapport constate qu’en France, la souscription à une assurance cyber recule chez les TPE/PME. La part de ces entreprises à ne bénéficier d’aucune couverture cyber est passée de 39 % à 45 % en un an.
De nos jours, en matière de cyberattaques, le « Ça n’arrive qu’aux autres » n’est plus de mise. N’attendez pas d’y être confronté pour en parler avec votre assureur.
Courtier en assurance reconnu, le Groupe Gesco Assurances peut vous aider à définir une politique de prévention adaptée à votre taille et à votre activité.
Ses conseillers vous accompagneront dans la mise en place d’une stratégie opérationnelle rigoureuse, pour réduire le risque d’intrusion, quel que soit le niveau hiérarchique.