Avec l’explosion des violations de données, leur protection devient la priorité principale des responsables d’entreprise. Face à ce défi sécuritaire, les assureurs conditionnent leur couverture à la mise en place de sérieuses mesures de sécurité.
L’industrialisation de la cybercriminalité
Publié le 2 avril 2026, le rapport « Resilience at scale » conclut qu’aujourd’hui, le risque cyber ne se limite pas à un manque de dispositifs techniques de protection. C’est désormais un véritable défi stratégique pour toute organisation.
La protection des données devient le sujet de conversation de nombreux salons. L’explosion des vols d’informations personnelles alimente un secteur de plus en plus structuré, dont les attaques sont difficiles à identifier.
L’usurpation d’identité utilise toute la panoplie d’informations privées à sa disposition pour mener des attaques personnalisées touchant particuliers, administrations, entreprises ou collectivités territoriales.
Les 500 000 demandes d’assistance reçues en 2025 par la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr montrent la diversité importante des attaques perpétrées. On trouve ainsi violations de données, piratages de comptes, fraudes au virement bancaire, hameçonnage, rançongiciels…
Outil de diagnostic et d’assistance en ligne, 17Cyber vient en aide aux victimes, en appelant le 17 ou le 112. Il est également possible d’exposer son problème par SMS envoyé au 114.
Côté organisations, un profil joue un rôle grandissant. Le métier de délégué à la protection des données, DPO, voit ainsi ses attributions augmenter, tant la législation se développe, notamment au niveau européen.
Cependant, la démocratisation de l’intelligence artificielle et son emploi en pleine expansion au sein des entreprises posent problème. Certes, le déploiement d’agents autonomes apporte des gains de productivité, mais provoque aussi une explosion des risques, notamment de pertes de contrôle des systèmes d’information.
Travaillant avec de multiples ressources en ligne, l’IA agentique bénéficie de droits d’accès excessifs au regard des capacités de contrôle des responsables d’entreprises. Malgré la position du CERT, qui préconise de ne pas placer d’agent IA à des postes de travail en production, leur usage prend de l’ampleur de manière totalement hors de contrôle.

Priorité à la protection des données
Il ne se passe plus une journée sans une annonce de fuite massive de données personnelles. En France, il s’en produit une toutes les heures. Et ces vols intègrent maintenant des données impossibles à réinitialiser, comme le numéro de Sécurité sociale ou des données biométriques.
Dans les organisations, l’alerte est générale. Entreprises, collectivités et administrations doivent impérativement revoir intégralement leur organisation numérique. La protection des données devient la priorité.
Et, pour répondre à cet objectif, la première démarche consiste à empêcher l’accès à ces données. Il est alors fondamental de mettre en place un système solide de gestion des droits d’accès aux zones sensibles.
L’application du principe de moindre privilège attribue à chaque employé des droits d’accès en fonction de ses besoins réels. Un salarié du service nettoyage, par exemple, n’a pas besoin de pouvoir accéder aux données de la comptabilité.
C’est désormais le rôle dévolu au PAM, le Privileged Access Management : gérer l’attribution d’accès privilégiés. Mais cette fonction ne peut s’appliquer sans une surveillance permanente des accès, alertant la sécurité en cas d’activité inhabituelle. Cela inclut également les accès à distance, de plus en plus utilisés, à l’heure du cloud et du télétravail.
Reste que 80 % des entreprises ne se sentent pas suffisamment préparées. Et ce n’est pas le retard de la législation française à transposer la directive européenne NIS 2 qui facilite les choses. Le projet de loi « Résilience des infrastructures critiques et renforcement de la cybersécurité » est bloqué entre les deux chambres.
Difficile alors pour les entreprises d’investir massivement dans de profondes transformations de leur système d’information, sans cadre légal clair.
Difficile également pour les assureurs de continuer à indemniser les victimes de cyberattaques. Sans mesures concrètes de cybersécurité, les dossiers restent bloqués.
La cybersécurité pour rester assuré
L’heure n’est plus aux déclarations de bonnes intentions. L’explosion du nombre de cyberattaques oblige les assureurs à exiger des mesures concrètes de protection, avant toute indemnisation.
En cas de brèches béantes dans le contrôle d’accès aux données, les organisations ne peuvent plus s’attendre à être indemnisées. De même, l’usage par le personnel de services d’IA non approuvés (Shadow IA), responsable de nombreuses fuites de données, est rédhibitoire.
Garanties et primes sont désormais ajustées en temps réel, en fonction des efforts de contrôle opérationnel. Les organisations doivent ainsi prouver qu’il n’y a pas eu négligence, avant de prétendre à une intervention de leur assureur.
Le règne de l’insouciance est révolu et le réveil est brutal. La remise en cause de toute l’organisation interne du système d’information représente un gros travail, tant sur le plan financier qu’humain.
En l’absence de législation claire, la tâche est complexe, même pour les grandes entreprises. Quant aux PME, beaucoup risquent de devenir inassurables.
Pour éviter cela, lire notre article « La cyberassurance, outil de résilience en 2026 ».
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