En situation de crue généralisée depuis plusieurs jours, la France doit faire face à des inondations d’une ampleur rare. Cette évolution climatique n’est plus exceptionnelle. Et chacun de nous va devoir agir pour anticiper des conséquences importantes sur notre quotidien.
Les débordements du changement climatique
Au-delà de la tempête Nils et des précipitations intenses qui continuent d’inonder une bonne partie de la France, on connaît depuis longtemps les causes de ces débordements à répétition.
Au premier rang se trouve la perte de la notion de risque liée à la proximité des grands fleuves. Depuis le XIXᵉ siècle, sont documentées des crues extrêmement meurtrières qu’on a tendance à oublier. C’est notamment la raison d’être des digues construites depuis longtemps pour canaliser les débordements de ces longs fleuves habituellement tranquilles.
Mais une certaine modernité mal placée a engendré des évolutions territoriales néfastes à la circulation sécurisée de l’eau. La destruction des haies pour laisser le champ libre aux cultures industrielles mécanisées. Les engrais et les pesticides, pour augmenter les rendements, ont appauvri les sols en espèces vivantes. Et moins de matière organique dans la terre veut dire une plus faible capacité à retenir l’eau.
Le besoin de logements et le développement économique ont rendu imperméable de plus grandes surfaces. Cela oblige l’eau à ruisseler au lieu de s’infiltrer. Dans le même temps, on a détruit les zones humides qui servaient de tampon en cas de fortes précipitations.
On a supprimé les méandres des fleuves pour faciliter le transit fluvial, et autorisé les constructions en zones inondables pour faire plaisir aux électeurs.
En plus de toutes ces causes nées de la volonté de l’homme s’ajoute, depuis quelques années, le dérèglement climatique qui ne fait qu’aggraver les conséquences de nos choix.
Mais l’heure n’est plus à la surprise et aux lamentations. Il importe aujourd’hui de s’adapter à cette évolution et d’anticiper ses conséquences.
Voir à ce sujet notre article «Vers une assurance climatique obligatoire?».

Se préparer à de potentielles inondations
Depuis quelques années, les épisodes de précipitations intenses augmentent, tant en nombre qu’en termes d’impact. Et l’eau ayant une capacité naturelle à s’infiltrer partout, sauf si on l’empêche, il devient urgent d’anticiper d’éventuels dégâts des eaux.
En dehors du toit et des fenêtres qui protègent des précipitations, ce sont surtout des inondations dont il faut se prémunir. Et, en premier lieu, il importe de vous protéger, vous et vos proches.
Cela veut dire aménager un espace de vie hors d’eau, donc au-dessus du niveau de la dernière inondation. On parle parfois alors de préparer un kit de survie avec de l’eau potable et des vivres, une lampe torche et des piles, vos papiers d’identité et tous vos documents importants, une trousse de secours…
Il importe également d’aménager plusieurs circuits électriques, pour pouvoir les couper séparément au besoin. Il est aussi utile de couper le gaz et de mettre à l’abri les produits polluants, pour éviter toute intoxication.
Lire à ce sujet «Crues, dégâts, assurances: que faire face aux inondations en 2026?».
Ensuite, pour faire jouer votre assurance habitation, il s’agit d’avoir tous les éléments nécessaires pour remettre à votre assureur un dossier complet. Vous allez, en effet, devoir prouver l’étendue de vos pertes et donc apporter des preuves solides.
Cela veut dire essentiellement fournir des photos ou des vidéos des dégâts subis, sous tous les angles, pendant et après l’inondation. Ensuite, il faudra présenter les factures d’achat des biens endommagés: appareils électroniques, électroménager, mobilier.
Des témoignages des autorités locales ou des voisins attestant du sinistre seront également nécessaires.
Le rôle des assurances
Pour pouvoir prétendre à une indemnisation de la part de votre assureur, vous devez l’informer dans les cinq jours ouvrés après le sinistre, 30 jours en cas d’arrêté de catastrophe naturelle.
Votre dossier devra comprendre:
Vos coordonnées et les références du contrat d’assurance;
Une description précise des dommages subis;
Des photos et les factures des biens touchés;
Une estimation des pertes.
Suivant la situation, votre assureur peut mandater un expert pour estimer les dommages et proposer une indemnisation. L’assureur dispose ensuite de trois mois au maximum pour verser l’indemnisation après la remise du rapport de l’expert.
Pour éviter toute mauvaise surprise, il est nécessaire de vérifier régulièrement les garanties incluses dans votre contrat, voire de les ajuster. Il est également utile de connaître les exclusions de couverture et les plafonds d’indemnisation.
Compte tenu de l’importance de certains biens, notamment familiaux, il est, sans aucun doute, préférable d’anticiper ce type de dégâts. La pose de batardeaux, par exemple, peut non seulement protéger vos biens, mais aussi vous permettre de négocier les hausses de cotisations auxquelles il faut s’attendre.
Cela dit, avec ces inondations à répétition, les assureurs ne pourront pas seuls assumer les conséquences d’erreurs d’aménagement du cycle de l’eau. La hausse continue des primes risque fort de faire fuir les assurés. La collectivité va donc devoir agir, concrètement et financièrement, pour inverser la courbe de sinistralité que nous connaissons.
Pour vous aider à réparer et à anticiper des dégâts liés à de futures inondations, le Groupe Gesco Assurances met son expertise à votre disposition. Les compétences de ce courtier en assurances vous seront utiles pour bien vous préparer à des catastrophes naturelles, hélas fortement probables.