Ouvrons les yeux : la canicule, tout comme d’autres phénomènes climatiques extrêmes, va se répéter et s’amplifier. En remettant toujours à plus tard un changement radical de notre façon de vivre et de produire, nous alimentons la chaudière du réchauffement climatique. En attendant un abandon urgent du capital fossile, les assureurs doivent s’adapter face à ce défi financier.
La canicule, nouveau symptôme du réchauffement climatique
La chaleur met à l’arrêt le cœur de nos anciens et des pans entiers de notre économie. Conséquence du réchauffement climatique, la canicule ne prévient pas.
Bien sûr, les autorités vont dégainer un énième plan canicule, qui va nous proposer de s’équiper d’un climatiseur. Rappelons au passage que cet équipement, certes, nous rafraîchit ponctuellement, mais réchauffe l’atmosphère avec des gaz à effet de serre, et consomme énormément d’énergie électrique.
On s’attend donc à une augmentation de la fréquence de ces vagues de chaleur, mais aussi de leur intensité. Et les conséquences, on les connaît.
Sur le plan humain, le processus de thermorégulation de la température interne du corps a ses limites. La transpiration, au-delà d’un certain seuil, provoque perte d’eau et de sels minéraux. D’où crampes musculaires, fatigue, déshydratation, voire un coup de chaleur qui peut être fatal pour les plus fragiles. Voir à ce sujet « Les vagues de chaleur et leurs effets sur la santé ».
Entre humain et économie, on constate la surcharge des urgences dans les hôpitaux, même si ce n’est pas nouveau. Mais aussi la fermeture des écoles, qui impacte les futures générations.
De nombreux aspects de l’économie sont aussi touchés. Baisse de fréquentation des boutiques et des restaurants, les clients restant au frais. Annulation de vols et de trains à cause de la déformation des matériaux. Chantiers de BTP à l’arrêt. Baisse de la productivité en entreprise. Centrales nucléaires à l’arrêt… La liste est longue.
On constate pourtant que même des mesures d’adaptation ne sont pas vraiment prises. Pourtant, il faudrait changer complètement notre façon de vivre et de produire. Mais l’urgence climatique n’a que peu de poids, face aux intérêts du capital fossile à remettre en cause.
Et le secteur de l’assurance souffre aussi de ces phénomènes climatiques extrêmes.

Assurances : le difficile tournant du risque climatique
L’augmentation rapide de la fréquence et de l’intensité des inondations, sécheresses et canicules en France constitue désormais un défi majeur en matière de gestion des risques.
Depuis 1982, le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit Cat Nat, protège les victimes d’événements non assurables. C’est la Caisse centrale de réassurance (CCR) qui couvre les risques dépassant les capacités des assureurs. Elle bénéficie de la garantie illimitée de l’État.
Mais, face à la hausse de la sinistralité depuis plusieurs années, les indemnisations explosent. La survie de ce système unique dans le monde est en cause. C’est pourquoi la Cour des comptes a poussé à l’augmentation, en 2025, de la surprime Cat Nat de 25 à 40 euros, sur chaque contrat multirisques habitation et automobile.
De plus, la CCR envisage de ne plus considérer certains événements climatiques comme exceptionnels, comme la grêle. Après tout, en 2022, ce péril « secondaire » représentait 50 % de la sinistralité climatique, et un coût dépassant 5 milliards d’euros.
Difficile de continuer à le placer en second plan. En devenant un événement « normal », il sort alors du champ d’application du régime Cat-Nat. Mais, son indemnisation devenant à la charge des assureurs, c’est au final l’assuré qui va payer… Même si l’État, et non l’assuré, reste responsable de son inaction climatique au vu de la situation.
On frôle ici la rupture de solidarité, au nom de la solvabilité du régime.
Face à la défaillance de l’État, assureurs et assurés vont devoir construire ensemble une résilience plus efficace. Elle s’appuie notamment sur une prévention de toute façon nécessaire.
Lire à ce sujet « Alerte sur le régime Cat-Nat ».
La prévention au cœur de la protection
Comme tout employeur, les assureurs appliquent le « décret chaleur » de 2025. Ils mettent en place des mesures de prévention pour préserver la santé et la sécurité des salariés en cas de chaleur intense.
Pour leurs clients, les assureurs n’ont d’autre choix que de pousser les assurés à anticiper les conséquences des vagues de canicule.
Pour éviter l’introduction de nouvelles clauses limitatives dans les contrats d’assurance habitation, les foyers français doivent investir dans l’amélioration thermique de leur logement. Films anti-UV sur les vitres, amélioration de la ventilation, stores extérieurs… Mais aussi : mise aux normes de l’installation électrique…
En attendant l’adaptation de notre modèle assurantiel face à l’explosion des risques climatiques, seule une prévention poussée peut réduire le coût restant à la charge des assurés.
L’introduction dans les contrats de limites de garanties (franchises, exclusions, plafonds d’indemnisation) ne peut être qu’une solution à court terme pour éviter la faillite des compagnies d’assurance.
Le déficit de protection assurantielle concernant les dommages de la canicule et de l’eau ne pourra pas également être longtemps supporté par les ménages et les entreprises.
Mais la responsabilisation indispensable du public doit s’accompagner d’une pression suffisante sur le politique, pour qu’il prenne des mesures à la hauteur des enjeux sociétaux présents et à venir.
Pour adapter votre contrat d’assurance habitation aux contraintes de la canicule, les conseillers du Groupe Gesco Assurances peuvent vous aider concrètement. La grande expérience de ce courtier en assurances vous sera très utile pour limiter et anticiper les conséquences du réchauffement climatique.